Presque accident : pourquoi le déclarer et s’en préoccuper ?

Un travailleur qui apprécie mal une marche d’escalier et évite de justesse une chute en s’accrochant à la rampe ; des classeurs qui, mal rangés sur une étagère située dans un bureau, manquent de peu de tomber sur un travailleur ; un engin roulant qui évite de justesse un travailleur se trouvant dans une zone interdite d’accès aux piétons ; tels sont quelques exemples de presque accidents qui sont très souvent rencontrés en milieu professionnel, tous secteurs d’activités confondus 

Cela peut paraitre anodin et malheureusement passer inaperçu, surtout que le pire aura été évité in extrémis alors qu’il ne s’agirait peut-être que d’un sursis. Le presque accident occupe une place prépondérante dans la prévention des risques professionnels et l’attention qui doit lui être portée est donc très loin d’être anodine. Qu’est ce qui pourrait expliquer que ces évènements s’avèrent finalement avoir un poids conséquent ? Comment intégrer facilement et efficacement les presque accidents dans le processus global de prévention des risques professionnels ? Ces quelques orientations constituent le fil conducteur de cet article. 

 

Vers une définition du presque accident 

Remonter les presque accidents pour réduire les accidents

Le presque accident est défini différent d’un secteur industriel à l’autre. L’INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques en France) a décrit ce presque accident d’une manière plus générale comme l’effet, la gravité – qui distingue le presque accident de l’accident. Un presque accident est une séquence accidentelle qui n’a pas abouti à un accident mais qui aurait pu très bien y aboutir, dans d’autres circonstances. 

Selon la norme ISO 45001/2018, un presque accident est « un événement indésirable n’induisant aucun traumatisme ni aucune pathologie, mais ayant le potentiel de le faire ». De cette définition, il apparait donc que les presque accidents mettent en évidence la potentialité d’un accident. C’est donc ce potentiel qu’ils ont d’aboutir à un accident de gravité extrême qui mérite attention et traitement. 

 

Comprendre le presque accident : la pyramide des risques 

Pour comprendre théoriquement l’intérêt que revêt un presque accident, il faut se plonger dans la littérature spécialisée en sécurité et santé au travail et plus principalement aux études empiriques qui ont été réalisées en la matière. A ce jour, deux principaux travaux servent de référence, il s’agit des travaux de Heinrich et ceux de Bird. 

En 1931, l’ingénieur Herbert W. Heinrich mène une étude statistique d’environ 50000 accidents du travail au sein des entreprises industrielles Américaines. Il réussit à mettre en évidence le lien de causalité existant entre les comportements à risque observés à des différents postes de travail et la conséquence la plus grave qui en résulterait à savoir un accident entrainant le décès de la victime. Selon Heinrich, un ensemble de comportements à risque se répétant, conduiraient à des presque accidents, eux-mêmes susceptibles d’entrainer des accidents plus ou moins graves capables d’entrainer la mort. 

Près de 30 années après la publication de ces travaux, précisément en 1969, Franck E. Bird poursuivait dans la même lancée en s’appuyant cette fois sur une population un peu plus conséquente, soit plus de 1700000 accidents déclarés dans un peu moins de 300 entreprises. Les comportements à risques identifiés à la base de ces accidents présentaient une progression similaire à celle de la pyramide des risques de Heinrich : soit des presque accidents, des accidents entrainant des blessures légères, des accidents causant des dommages corporels plus sévères et au sommet de la pyramide, un accident débouchant sur le décès du travailleur concerné. 

La pyramide de Bird

C’est un principe toujours d’actualité qui reflète la probabilité qu’un accident survienne en rapport au volume d’incidents identifiés. 

A la racine de chaque accident mortel malheureusement encore répertorié en milieu professionnel, se cache une panoplie de comportements à risques et de presque accidents. Le premier principe est d’éliminer le risque. Un presqu’accident peut parfois permettre d’éliminer le risque. 

Pour être en adéquation avec ce principe, quoi de plus logique donc que d’agir sur chaque presque accident afin d’éviter d’arriver aux sommets des pyramides des risques de Heinrich et de Bird ? 

 

La prévention des risques d’accidents graves : remonter, analyser et agir sur le presque accident 

Au regard de ce qui précède, il existe bel et bien un lien de potentialité entre les presque accidents et les accidents. Ils doivent donc être traités avec considération. La gestion d’un presque accident obéit au même processus que celui du traitement d’un accident du travail. Il doit être déclaré ou remonté et analysé afin de conduire à l’élaboration d’un plan d’action. 

La déclaration ou remontéedu presque accident   

Le presque accident a cette particularité qu’il n’entraine aucun dommage corporel. Un travailleur n’ayant pas une culture sécurité assez mature peut donc être tenté de passer l’éponge dessus, alors qu’il est pourtant nécessaire de faire une remontée d’informations. 

Faciliter la déclaration de ces évènements à travers un outil par les salariés est une bonne pratique. Cette déclaration permet de déclencher la réalisation d’une enquête nécessaire pour collecter les données utiles à l’analyse qui suivra.  

Mais comme le montrent les pyramides de Heinrich et de Bird, les évènements de cette nature sont très nombreux, ce qui peut entrainer une lourdeur quand il s’agit de les remonter par les méthodes standards. Pour augmenter le taux de remontée des presque accidents du travail tout comme celle des accidents, nous proposons un processus allégé de déclaration en ligne des situations critiques et de signalement des évènements, avec la possibilité de créer dans la plateforme, les historiques de ces évènements.  Découvrir les actions déclaratives et les bénéfices de la solution 

 

L’analyse du presque accident et l’établissement d’un plan d’action 

Comme c’est également le cas pour un accident, l’analyse d’un presque accident doit permettre de déboucher sur les causes qui en sont à l’origine. Pour y arriver, il existe des méthodes tel que les “5P” pour identifier les causes profondes des dysfonctionnements. 

Cette dernière présente sur notre plateforme permet de passer en revue toutes les causes probables liées à un évènement, jusqu’à l’identification des causes racines. C’est sur ces causes profondes qu’il va donc falloir agir à travers un plan d’actions correctives et préventives pour éviter que ne surviennent d’autres presque accidents, dont l’accumulation pourrait conduire à des accidents. 

Nos solutions adaptées à ces évènements vous donnent l’opportunité d’analyser les presque accidents ou les accidents, de les centraliser, puis de définir des plans d’actions correctives ou préventives, tout ceci en ligne. 

La non-prise en compte des presque accidents peut donc conduire à un accident du travail plus ou moins grave. La santé des salariés est un enjeu prioritaire de l’entreprise. A cela s’ajoute les enjeux financiers. Quand on sait ce que coûte un accident du travail sur le plan de la prise en charge et au delà en terme de performance globale de l’entreprise, d’image ou de notoriété. Agir pour prévenir les risques n’est donc pas une condition négociable. Cela suppose bien évidemment qu’il faille consentir un certain nombre investissements afin que les actions de prévention portent des fruits. Mais, les coûts de prévention étant largement inférieurs à ceux entrainés lorsque l’on se situe dans une approche réactive, la question des coûts ne se pose donc plus. En savoir plus sur la rentabilité des actions de prévention .

 

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