Entreprises et santé : Une bonne nouvelle pour 2020 – Le travail guérit !

L’année 2020 débute avec des signaux inquiétants sur les plans social, climatique, international, mais je préfère commencer par une note plus optimiste en pointant ce que le travail a de préventif et de curatif dans nos vies.

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de nier que des conditions de travail délétères peuvent altérer gravement la santé. Mais on ne peut pas raisonner à sens unique en faisant du travail l’ennemi de la santé. Le travail de qualité est un puissant facteur de protection.

Une vérité épidémiologique et clinique

Les études épidémiologiques le montrent. Par exemple, il est possible de quantifier la surmortalité liée à la perte de son emploi. Le Comité économique, social et environnemental (CESE), en synthétisant les données disponibles, l’évalue à 15.000 décès par an en France, une donnée qui n’est pas suffisamment mobilisée dans les débats actuels sur l’âge de départ à la retraite. On sait aussi que la période qui suit le départ à la retraite est à risque élevé de mortalité.

De façon intéressante, la médecine le montre aussi. Je viens de lire un livre bouleversant : « Le travail qui guérit (l’individu, l’entreprise, la société) » écrit par un psychiatre, le Pr Jean-Michel Oughourlian (Plon, 2019). Il témoigne de l’énorme impact positif qu’a eu le travail sur des personnes atteintes de divers troubles mentaux dont certaines étaient considérées comme incurables. « L’usine réussit là où la psychiatrie a échoué » écrit-il.

De nombreux facteurs explicatifs

Ce livre fournit les explications d’un tel résultat. Sans être exhaustif ici, on insistera sur le fait que le travail structure notre rapport à la réalité, qu’il est une source puissante d’estime de soi et qu’il contribue à se sentir utile, un sentiment indispensable pour chacun et pour la vie en société.

Le Pr Oughourlian souligne, études neuroradiologiques à l’appui, le rôle clé du mimétisme dans les processus d’apprentissage et de socialisation. Les deux vont de pair. Le désir d’apprendre est lié au besoin de lien social.

On peut dès lors se demander si l’obligation d’évaluer les risques professionnels ne devrait pas être élargie à l’évaluation globale de la qualité du travail.

Alors, chère lectrice et cher lecteur, commencez cette année, que je vous souhaite lumineuse, en espérant qu’elle vous offre un travail épanouissant, en lisant ce livre qui fournit une dose d’optimisme qu’aucun médicament ne pourra jamais vous apporter.

 

Vous pouvez échanger et poser vos questions à William Dab et aux équipes Red-on-line dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux LinkedIn et Twitter : @HSE_Rol et @DabWilliam.

William Dab
Professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité du Cnam où il forme des spécialistes des risques sanitaires du travail et de l’environnement, notamment par une filière d’ingénieur en gestion des risques, William Dab est médecin et docteur en épidémiologie. Sa carrière a été entièrement consacrée à la sécurité sanitaire qu’il s’agisse d’outils d’évaluation, de surveillance et de gestion des risques. Ancien directeur général de la santé, il a été membre du comité exécutif de l’OMS et président du comité européen environnement et santé pour la région Europe de l’OMS. Il a notamment publié « Santé et environnement » dans la collection Que sais-je ? (PUF) et « La Santé et le Travail » chez Arnaud Franel.

 

 

Ajouter un commentaire