Entreprises et santé – Pendant le confinement n’oublions pas les travailleurs-clés

Alors que de nouvelles mesures nationales de confinement rentrent en vigueur, il ne faut pas oublier que certains métiers sont indispensables pour la continuité de l’activité du pays. Qui sont les travailleurs concernés et quel est leur degré d’exposition au risque de contamination par le Sars-Cov-2 ?

Une étude de l’Observatoire régional de la santé d’Île-de-France (ORSIF) relayée par l’Insee permet de répondre à ces questions.

 

765 000 travailleurs-clés en Île-de-France

L’ORSIF a établi une liste de 35 métiers-clés pour lesquels le télétravail n’est pas possible. Ils concernent 14 % des actifs dans cette région (21 % en province). Ces métiers ont été classés en quatre catégories de risque d’exposition.

  1. Risque très important : métiers en contact avec des patients en milieu hospitalier (200 000 travailleurs).
  2. Risque important : métiers en contact avec des patients hors milieu hospitalier (160 000 travailleurs).
  3. Risque élevé : métiers en contact fréquent avec des clients ou des collègues (275 000 travailleurs).
  4. Risque occasionnel : métiers en contact occasionnel avec des clients ou des collègues (130 000 travailleurs).

Ni les métiers du BTP ni ceux de l’enseignement ne sont concernés par cette étude.

De façon détaillée, les métiers les plus représentés sont :

  • Les caissiers et vendeurs des commerces dits essentiels (95 000).
  • Les infirmiers hospitaliers (77 000).
  • Les aides à domicile et auxiliaires de vie (61 000).
  • Les agents de propreté (58 000).
  • Les aides-soignants (57 000).
  • Les forces de l’ordre (42 000).

Environ 283 000 de ces travailleurs-clés prennent les transports en commun.

 

Quelles implications ?

C’est grâce à ces travailleurs-clés que les fonctions essentielles à la vie du pays continuent d’être assurées. Nous leurs sommes redevables et ils méritent d’être particulièrement protégés contre l’ensemble des risques professionnels et celui du covid-19 en particulier.

Ainsi, les employeurs publics ou privés concernés devraient :

  • Évaluer leurs risques professionnels en actualisant le document unique pour y inclure le risque de covid-19 et le stress généré par la possibilité d’une exposition.
  • Offrir à ces travailleurs une formation sur les mesures de prévention à respecter.
  • Fournir à ces travailleurs les équipements nécessaires.
  • Leur expliquer la conduite à tenir en cas de survenue de symptômes du Covid-19.

Il serait aussi pertinent de tester systématiquement et périodiquement ces travailleurs en utilisant des tests antigéniques rapides. De même, la question se pose de rendre prioritaires pour la vaccination les travailleurs-clés qui ne le sont pas encore.

 

La situation présente est pénible pour des millions d’entre nous. Mais certains travailleurs dont on ne réalise pas forcément le rôle crucial en période calme ont une importance particulière. Sans eux, la vie quotidienne, les soins, la sécurité, l’alimentation, etc. seraient gravement perturbés. Ils doivent être salués et correctement protégés.

 

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William Dab
Professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité du Cnam où il forme des spécialistes des risques sanitaires du travail et de l’environnement, notamment par une filière d’ingénieur en gestion des risques, William Dab est médecin et docteur en épidémiologie. Sa carrière a été entièrement consacrée à la sécurité sanitaire qu’il s’agisse d’outils d’évaluation, de surveillance et de gestion des risques. Ancien directeur général de la santé, il a été membre du comité exécutif de l’OMS et président du comité européen environnement et santé pour la région Europe de l’OMS. Il a notamment publié « Santé et environnement » dans la collection Que sais-je ? (PUF) et « La Santé et le Travail » chez Arnaud Franel.

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