Entreprises et santé – Coronavirus : les 10 points essentiels sur la gestion du risque

Les mesures de prévention face à cette épidémie sont maintenant largement accessibles, je n’y reviens pas.

Avec deux collègues médecins du travail, les Professeurs Alexis Descatha et Yves Roquelaure de l’Université d’Angers ainsi que mon collège du Cnam, Kevin Jean, spécialiste du risque infectieux, nous avons réfléchi aux points que toutes les entreprises doivent garder à l’esprit dans un contexte si confus. Les voici :

  1. L’information sur la progression de l’épidémie existe sur les sites des pouvoirs publics. Il n’est pas nécessaire d’en créer de nouveaux, sauf cas particuliers, mais il est important de les rendre accessibles à chacun.
  2. L’entreprise doit se tenir à jour sur les recommandations gouvernementales sur les mesures d’hygiène, les préconisations et l’organisation de la vie citoyenne.
  3. L’entreprise doit analyser les risques pour sa continuité d’activité, ce qui inclut notamment l’identification des fonctions sensibles et menacées par un absentéisme important
  4. En lien avec le médecin du travail et dans le respect du secret médical, une attention particulière doit être donnée aux personnes fragiles à risque élevé de mortalité. Le maintien en emploi et le suivi de ces personnes fragiles en lien avec leur médecin traitant doivent faire l’objet d’une réflexion prioritaire.
  5. Dans les services de santé au travail, les visites systématiques ou les requêtes non urgentes pourront être repoussées.
  6. L’identification des postes à risque élevé de contamination et les aménagements nécessaires sont à anticiper avec les acteurs de prévention, afin d’être intégrés dans le document unique d’évaluation des risques et communiqués à toutes les personnes de l’entreprises.
  7. Le déploiement du télétravail, du travail médié, des réunions à distance sont des outils à privilégier pour poursuivre l’activité en limitant les déplacements et les rassemblements.
  8. La déclaration d’accident de travail peut être appliquée suivant la même règlementation en vigueur qu’habituellement.
  9. L’inquiétude, la méfiance et les rumeurs doivent être combattues par des actions proactives d’information transparente.
  10. Un dispositif interne permettant à chacun d’exprimer ses inquiétudes est à considérer.

Dans cette situation, les entreprises en lien avec leurs médecins du travail, ont un rôle très important. L’exercer activement leur permettra de contribuer à la confiance tant au sein de l’entreprise que dans le pays.

 

Vous pouvez échanger et poser vos questions à William Dab et aux équipes Red-on-line dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux LinkedIn et Twitter : @HSE_Rol et @DabWilliam.

William Dab
Professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité du Cnam où il forme des spécialistes des risques sanitaires du travail et de l’environnement, notamment par une filière d’ingénieur en gestion des risques, William Dab est médecin et docteur en épidémiologie. Sa carrière a été entièrement consacrée à la sécurité sanitaire qu’il s’agisse d’outils d’évaluation, de surveillance et de gestion des risques. Ancien directeur général de la santé, il a été membre du comité exécutif de l’OMS et président du comité européen environnement et santé pour la région Europe de l’OMS. Il a notamment publié « Santé et environnement » dans la collection Que sais-je ? (PUF) et « La Santé et le Travail » chez Arnaud Franel.

 

 

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