Entreprises et santé : les évolutions de la QVT – le baromètre Malakoff Médéric Humanis 2019

Depuis 11 ans, Malakoff Médéric Humanis (MMH)[1] a mis en place un baromètre de la QVT. L’enquête de 2019 s’est déroulée en juin dernier chez 4.500 salariés du secteur privé représentatifs sur le sexe, l’âge, le statut, le secteur d’activité, la taille de l’entreprise et la région.

Globalement, les résultats font ressortir un vécu au travail qui est bien plus positif que ce que véhicule le discours ambiant. Avec, toutefois, quelques points de vigilance.

Les points positifs

Invitées à donner une note de 0 à 10 sur leur QVT, la moyenne des personnes interviewées est de 6,6. Elle était de 6,2 en 2013. Les trois premiers facteurs associés à la QVT sont : l’ambiance et les relations avec les collègues (52 %), la reconnaissance (45 %) et la rémunération (42 %). D’autres points positifs méritent d’être soulignés :

  • 81 % estiment qu’il y a une bonne entente au travail (en progression de + 4 %)
  • 74 % sont fiers de travailler dans leur entreprise
  • 74 % déclarent que la sécurité est une priorité pour leur entreprise
  • 81 % estiment qu’il y a une bonne entente au travail

Les points négatifs

Sur plusieurs points liés au management et aux conditions de travail, il y a des avis défavorables pas forcément majoritaires, mais qui doivent être pris en compte :

  • 25 % disent ne pas avoir de possibilité de prendre des décisions, une proportion qui a augmenté ces dernières années
  • 53 % se plaignent de la fatigue physique (45 % en 2015)
  • 54 % ont le sentiment d’être épuisés au travail
  • 36 % déclarent des difficultés à concilier la vie personnelle et le travail
  • 67 % des managers ne se sentent pas reconnus par leur hiérarchie

Les points de vigilance

Un premier point de vigilance concerne les changements organisationnels. Un peu plus de la moitié des personnes interviewées ont vécu au moins un événement de réorganisation au cours de la dernière année et 32 % une restructuration de leur service. Face à cela, 92 % des personnes disent « qu’elles font en sorte de s’adapter ». Cela montre qu’il n’y a pas nécessairement une résistance systématique au changement, mais son accompagnement humain est un enjeu important.

Autre point important : près d’une personne sur cinq aide régulièrement des proches. Avec l’allongement de la durée de vie, de plus en plus souvent, il faut s’occuper de ses enfants et de ses parents. Une donnée à intégrer dans le management.

Au total, ce bilan n’est pas alarmant. Il montre un attachement prononcé à la vie de l’entreprise. Dans notre société de plus en plus individualisée et virtualisée, les attentes vis-à-vis du collectif de travail sont fortes. L’entreprise est en train de devenir la principale source de lien social non virtuel. Si les dirigeants en sont conscients et savent encourager ce lien, tout le monde en tirera un bénéfice.

[1]  MMH a créé avec le Cnam une chaire Entreprises et santé que je dirige. Ni moi ni mon équipe avons participé à ce travail.

 

Vous pouvez échanger et poser vos questions à William Dab et aux équipes Red-on-line dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux LinkedIn et Twitter : @HSE_Rol et @DabWilliam.

William Dab
Professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité du Cnam où il forme des spécialistes des risques sanitaires du travail et de l’environnement, notamment par une filière d’ingénieur en gestion des risques, William Dab est médecin et docteur en épidémiologie. Sa carrière a été entièrement consacrée à la sécurité sanitaire qu’il s’agisse d’outils d’évaluation, de surveillance et de gestion des risques. Ancien directeur général de la santé, il a été membre du comité exécutif de l’OMS et président du comité européen environnement et santé pour la région Europe de l’OMS. Il a notamment publié « Santé et environnement » dans la collection Que sais-je ? (PUF) et « La Santé et le Travail » chez Arnaud Franel.

 

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